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Dépister les porteurs asymptomatiques du Covid : 18 hôpitaux franciliens relèvent le défi

2021-04-09T14:04:42.883Z

Une étude inédite, appelée Depist Covid, est en cours dans plusieurs services d’urgences, des lieux stratégiques. Objectif : identifier les S'il s'est rendu aux urgences de l'hôpital Avicenne (Assistance publique-Hôpitaux de Paris, AP-HP) à Bobigny (Seine-Saint-Denis) ce mardi, c'est pour un genou douloureux, après une mauvaise chute au travail, pas pour une suspicion de Covid-19. Pas de toux, pas de fièvre apparente. Alors, forcément, lorsqu'une infirmière lui propose un test PCR, cet homme d'une petite cinquantaine d'années a l'air



S'il s'est rendu aux urgences de l'hôpital Avicenne (Assistance publique-Hôpitaux de Paris, AP-HP) à Bobigny (Seine-Saint-Denis) ce mardi, c'est pour un genou douloureux, après une mauvaise chute au travail, pas pour une suspicion de Covid-19.

Pas de toux, pas de fièvre apparente. Alors, forcément, lorsqu'une infirmière lui propose un test PCR, cet homme d'une petite cinquantaine d'années a l'air plutôt surpris. « Nous réalisons une étude sur le dépistage du Covid, vous accepteriez de participer ? », lui explique-t-elle, après qu'un médecin a ausculté la jambe meurtrie.

Des résultats une heure après

Avec quelques mots de français, le quinquagénaire répond qu'il a déjà été dépisté, « il y a un mois ». « Vous en accepteriez un nouveau ? », lui demande l'infirmière. « Ok », acquiesce ce patient, le 68e depuis l'aube à pousser la porte des urgences. Il aura les résultats dans une heure au plus tard, et pourra se faire aider pour remplir un questionnaire en attendant.

Non, cet hôpital ne s'est pas transformé en centre de dépistage, sous la violence de la troisième déferlante Covid. La centaine de soignants des urgences d'Avicenne participe, comme dix-sept autres hôpitaux (Lariboisière, Saint-Antoine, Tenon, Jean-Verdier, Louis-Mourier, La Pitié-Salpetrière, Cochin, Beaujon, Bichat, Saint-Louis, Ambroise-Paré, Georges-Pompidou, Melun, Beaumont-sur-Oise, Saint-Joseph, Gonesse et Argenteuil) d'Ile-de-France — dont 13 de l'AP-HP — à une étude inédite, dont les résultats pourraient être fort utiles dans la lutte contre l'épidémie galopante : le dépistage des malades qui ont très peu ou pas de symptômes.

LIRE AUSSI > Coronavirus : « Comment les cas sans symptômes peuvent-ils contaminer les autres ? »

Sachant que près de la moitié des porteurs du virus sont asymptomatiques ou pauci-symptomatiques, comme on nomme ceux qui ont de faibles signes du virus, on mesure rapidement l'intérêt du sujet.

« En France, le dépistage est centré sur les personnes symptomatiques, les porteurs asymptomatiques ne sont pas testés, donc pas isolés, et c'est ainsi que le virus circule », déplore Catherine Hill, épidémiologiste extérieure à cette étude, et qui dénonce le « fiasco des tests en France ».

Détecter et isoler plus tôt

Les symptômes, quand ils apparaissent, surviennent vers le cinquième jour après la contamination, mais la transmission est possible dès le troisième. A défaut de vaccination massive, détecter et isoler plus tôt, est un enjeu de santé publique majeur.

Bobigny (Seine-Saint-Denis). Sylvaine, infirmière de l'équipe de recherche, procède à l'analyse immédiate des tests. LP/C.S.  

Mais comment accéder aux porteurs asymptomatiques qui ne se font pas dépister? Les opérations de dépistage massif à travers l'Europe n'ont pas toujours démontré leur efficacité en la matière.

« C'est un enjeu énorme de la lutte contre l'épidémie »

« Nous savons qu'aux urgences, nous captons une population qu'on ne capterait pas autrement, qui peut être plus exposée aux risques d'infection car pouvant être plus précaire et plus vulnérable », justifie Judith Leblanc, infirmière (AP-HP) et chercheuse en sciences infirmières qui pilote l'étude, avec Anne-Claude Crémieux, professeure en infectiologie à l'hôpital Saint Louis (AP-HP). « Il faut trouver les moyens de dépister les asymptomatiques, c'est un enjeu énorme de la lutte contre l'épidémie », insiste cette dernière.

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Le binôme est rodé. Depuis dix ans, les deux chercheuses ont mené plusieurs études sur la contamination d'une autre épidémie silencieuse, le VIH. Avec un dépistage ciblé, aux urgences. Avec près de deux millions de passages par an aux urgences franciliennes, pour une région de 12 millions d'habitants, le lieu est stratégique.

L'Inserm et l'Institut Pasteur partenaires

L'étude appelée Depist Covid, financée par l'ANRS-maladies infectieuses émergentes et la région Ile-de-France, avec l'Inserm et l'Institut Pasteur pour partenaires, est partie sur les chapeaux de roues, le 17 février.

L'équipe d'une quinzaine de personnes, dont des infirmiers, intervient dans les hôpitaux où l'étude est menée. « Cet accompagnement donne de l'élan, et ça motive », atteste Carole Jégou, cadre de santé aux urgences d'Avicenne, où 110 à 140 patients sont admis chaque jour.

Bobigny (Seine-Saint-Denis). Judith Leblanc (à gauche), coordinatrice de l'étude Dépist Covid, avec Carole Jégou, cadre de santé des urgences à l’hôpital Avicenne. LP/C.S.  

L'étude se déroule en deux phases : l'observation avec un temps où tous les patients venus aux urgences se voient systématiquement proposer un questionnaire sur les symptômes du Covid (traduit en anglais, espagnol, arabe, roumain et serbe), les situations à risque d'exposition et leur profil. Et le fameux prélèvement nasopharyngé, avec un résultat en moins de deux heures.

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« Il y a des patients qui ne comprennent pas bien, il faut leur expliquer l'enquête, d'autres ne veulent pas attendre le résultat ou refusent parce qu'ils ont déjà été vaccinés, mais il y en a pas mal qui acceptent et on trouve beaucoup de positifs, cela leur permet de se protéger et de protéger leur famille », salue une infirmière.

Signe que tous les patients ne sont pas des habitués du dépistage, pour certains, c'est le tout premier test. Les résultats, qui pourraient nourrir de nouvelles stratégies en matière de dépistage, sont espérés au cours de l'été.

Source: leparis

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