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Coupe de l'America : «On peut gagner... mais il ne faudra pas se tromper», affirme Franck Cammas

2023-02-02T18:48:20.001Z


Après avoir tout gagné ou presque, sauf la Coupe de l'America, le marin de 50 ans participe à l'aventure du nouveau défi français Orient Express Team pour l'édition 2024. Il décrypte les enjeux pour Le Figaro.


Skipper en chef lors de l'édition 2017 aux Bermudes, Franck Cammas replonge pour l'édition 2024 prévue à Barcelone en tant que directeur de la performance. Face au manque de temps, il annonce qu'il faudra faire vite et bien, sans se tromper...

LEFIGARO.- Vous embarquez donc pour une nouvelle Coupe de l'America après celle de 2017...
Franck Cammas. - Je ne suis pas à l'origine du projet parce que c'est Bruno Dubois et Stéphane Kandler qui ont réussi à trouver le financement et à réunir une partie de l'équipe. La situation nous est défavorable en termes de timing évidemment quand on voit que les autres équipes cela fait deux ans qu'ils travaillent à cinquante personnes tous les jours. Mais le lien avec Team New Zealand (accord de fourniture d'un package technologique) peut compenser notre manque de temps. C'est frustrant parce qu'on sait qu'on ne va pas être à l'origine du dessin du bateau. Par contre on aura une plate-forme pour bien naviguer. Donc on va se battre contre le temps surtout, mais il y a de bons ingrédients pour être performant avec un bon groupe, de l'expérience, de la motivation, des bons marins et des bons architectes.

Il va falloir aller à l'essentiel

Franck Cammas

Votre rôle, qu'est-il exactement ?
Il est assez transversal. L'idée c'est d'amener de l'expérience et de faire le lien, ce que j'ai l'habitude de faire parce que c'est mon goût, entre les parties conceptuelle, management et sportive. Et essayer de prendre les bonnes solutions. On sait qu'il va falloir aller à l'essentiel. Pas réfléchir longtemps. Et donc il faudra être juste.

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C'est quoi l'essentiel ?
C'est bien utiliser un bateau qu'on va recevoir de la part des Néo-Zélandais. Il y a beaucoup de choses confidentielles mais ce que l'on peut dire c'est qu'on aura suffisamment d'échanges pour être en mai prochain au même niveau de développement que Team New Zealand. C'est énorme, non seulement on utilise le travail qu'ils font sur cette Coupe mais aussi celui qu'ils ont fait sur la précédente. A partir de la mise à l'eau du bateau, on va avoir des développements chacun de notre côté et c'est là qu'il faut qu'on ait la structure pour le faire. On aura un bateau extrêmement proche de celui des Néo-Zélandais, vous ne verrez pas de différence à part la déco... (rire)

J'espère qu'avec moi, on évitera des erreurs que j'ai pu faire auparavant.

Franck Cammas

Vous serez dans l'équipe navigante ?
Ce n'est pas encore défini. Je pense que pour mon rôle, il faut que je navigue si je veux être bon dans l'aide que je peux apporter à Quentin (Delapierre, le barreur). De toute façon, il y a pas mal de places pour pouvoir naviguer (huit postes à bord des AC75).

C'était une évidence pour vous de retourner sur la Coupe ?
Oui, j'ai du mal à ne pas rentrer dans une histoire comme ça. La Coupe c'est un truc qui me fait rêver depuis longtemps. Avec cette équipe il y a moyen de faire des choses et j'ai envie de travailler avec eux. J'espère qu'avec moi on évitera des erreurs que j'ai pu faire auparavant. Le but c'est d'échanger. On a encore moins le droit à l'erreur.

Après, je reste très humble, on sait le niveau de la Coupe...

Franck Cammas

Vous partez pour une ou deux éditions ?
Ce qu'on annonce, c'est une mais l'ambition c'est de former l'équipe pour la suite. Avec quelqu'un comme Sébastien Bazin (patron d''Accor, le partenaire principal du bateau), si on fait un bon résultat sur la première, il pourrait nous suivre pour la suite. Donc on a un peu la pression de faire un bon résultat sur la première avec des moyens qui sont évidemment limités, parce que le temps est limité. Il faut savoir qu'Alinghi dépense un million par semaine depuis quelques années... Finalement on peut faire très bien à pas trop cher (rire).

Concrètement vous n'allez pas gagner celle là mais vous espérez gagner la suivante, c'est cela ?
Si on a un bateau très très proche du meilleur bateau qu'on pense être celui des Néo-Zélandais et l'équipe sportive n'ayant pas de complexe à avoir, on peut avoir une bonne surprise. Après, je reste très humble, on sait le niveau de la Coupe...

Quel est l'intérêt des Néo-Zélandais de vous aider pour votre bateau ?
C'est d'avoir une équipe supplémentaire, cela permet à la Coupe de se développer et que cette équipe soit compétitive. Eux ils ont la garantie d'être en finale, si c'est contre nous, ils connaîtront très bien l'adversaire. Et si ce n'est pas nous, ils auront de toute façon pu exploiter notre expérience, parce qu'ils connaîtront très bien notre bateau.

On est tous là pour faire de la perf, pas pour faire de la participation

Franck Cammas

Vous qui connaissez bien la Coupe, y a-t-il assez de moyens dans votre équipe pour espérer gagner ?
A priori, il y a les moyens en commençant si tard de le faire. Après j'ai l'impression que c'est le manque de temps qui peut être critique. Il faut trouver des solutions pour ça. S'il n'y avait pas eu l'échange avec Team New Zealand, on n'aurait pas pu partir aujourd'hui. Tous ceux qui partent ne sont pas des inconscients, on est tous là pour faire de la perf, pas pour faire de la participation. On y croit quand même.

Quentin Delapierre a-t-il la moelle et le talent pour remporter la Coupe ?
Oui je pense qu'il a l'état d'esprit, la rigueur dont on a besoin pour ça et il a aussi l'intérêt transversalement sur le fonctionnement de l'équipe. Je n'ai pas encore beaucoup fonctionné avec lui mais je peux parier que cela peut bien se passer.

Source: lefigaro

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