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Covid-19 : convaincre les jeunes de se faire vacciner, le prochain casse-tête du gouvernement

2021-04-14T07:07:59.843Z

FOCUS - Dans les sondages, à peine plus de la moitié des 18-34 ans se disent prêts à se faire vacciner, ce qui pourrait mettre en péril les chances d'immunité collective. «Je repousse au maximum le moment de faire le vaccin. Je n'ai pas confiance et puis je ne me sens pas à risque par rapport au Covid-19...», lâche Fabien, un Lyonnais de 30 ans. «Il y a toujours une surmortalité dans les pays où la vaccination est très avancée, il y a eu des clusters dans des Ehpad, là où pourtant tout le monde est vacciné... Si c'est pour continuer à porter le masque et subir des



«Je repousse au maximum le moment de faire le vaccin. Je n'ai pas confiance et puis je ne me sens pas à risque par rapport au Covid-19...», lâche Fabien, un Lyonnais de 30 ans. «Il y a toujours une surmortalité dans les pays où la vaccination est très avancée, il y a eu des clusters dans des Ehpad, là où pourtant tout le monde est vacciné... Si c'est pour continuer à porter le masque et subir des confinements, à quoi ça sert ?», poursuit le jeune homme.

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Chez les jeunes adultes, les sérums anti-Covid n'ont pas la cote. Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro et France Info paru la semaine dernière, seule une courte majorité - 55% - des 18-24 ans serait disposée à se faire vacciner. La tranche d'âge au-dessus est à peine plus enthousiaste : 58% des 25-34 ans. Des chiffres qui confirment une précédente enquête Harris Interactive pour LCI, parue mi-mars : 53% des 18-34 ans envisagent la vaccination. C'est la catégorie d'âge la plus réticente. A titre de comparaison, selon Odoxa, 77% des + de 65 ans se sont fait déjà fait vacciner ou ont prévu de le faire.

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«C'est logique, soutient Antoine Flahault, professeur de Santé publique à l'université de Genève. Les jeunes ont l'impression qu'ils ne risquent pas grand-chose à cause du discours qui cible les personnes âgées depuis le début. Les pouvoirs publics n'ont pas encore pris la mesure de ce problème car ils sont encore dans une logique de pénurie de vaccins. C'est pourtant assez urgent». La vaccination ouverte à tous les adultes est prévue pour la mi-juin. «Se sentir fort contre vents et marées est consubstantiel à la jeunesse», souligne la députée «Agir» de Seine-Maritime Agnès Firmin-Le Bodo, très engagée sur le sujet. Beaucoup de ceux qui ont déjà attrapé le Covid-19 se pensent protégés... à tort» , confie cette élue qui est aussi pharmacienne et toujours en activité.

Selon Antoine Flahault, il faudrait communiquer sur les conséquences du Covid long ou des hospitalisations qui touchent les jeunes. «Il faut que les pouvoirs publics se lancent dans une campagne de promotion très active du vaccin à destination des jeunes. Si l'on veut qu'il y ait une fluidité dans la vaccination, ça se prépare.» Contactée par Le Figaro, la Direction générale de la Santé (DGS) confirme que «des travaux sont bien entendus en cours».

Les causes de la défiance

Dans la course à l'immunité collective, le manque d'adhésion de cette partie de la population peut être un obstacle. Selon l'institut Pasteur, pour permettre un retour à la vie normale, il faudrait vacciner 90% des adultes. Un objectif hors d'atteinte avec de tels niveaux de réticences. «Si l'on veut réduire la circulation du virus dans le pays, il faut bien prendre en compte que les jeunes sont un réservoir majeur de transmission du Covid-19», alerte Antoine Flahault.

Je crois beaucoup à la solidarité familiale et à la volonté de la jeunesse de protéger les plus anciens.

Agnès Firmin-Le Bodo, députée Agir

Agnès Firmin-Le Bodo a demandé au ministre de la Santé d'ouvrir le débat sur «leur vaccination prioritaire avec le vaccin Janssen», le sérum à dose unique, en partie pour des raisons de simplicité. «Avec les vaccins à double dose, ceux qui ne reviendraient pas pour le deuxième rendez-vous ne seraient protégés qu'à 20%...», poursuit l'élue.

Une étude de la fondation Jean Jaurès, publiée en novembre, recensait les raisons de ce désamour comme la peur des effets secondaires, mais aussi l'adhésion aux thèses complotistes anti-vaccin. Elle remarque que les personnes qui s'informent majoritairement sur les réseaux sociaux y sont plus sensibles. On remarque que ces derniers sont la première source d'information des jeunes (47% des 18-34 ans)*.

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La députée ne s'inquiète pas outre mesure des enquêtes d'opinion. «Je crois beaucoup à la solidarité familiale et à la volonté de la jeunesse de protéger les plus anciens. On l'a vu avec la ruée sur les tests PCR avant Noël», assure-t-elle. L'étude de la fondation Jean Jaurès cherche elle des pistes pour convaincre la jeunesse à adopter le vaccin : «Ce n'est peut-être pas tant en cherchant à faire peur aux (jeunes) Français qu'en cherchant à les rassurer sur le bien-fondé de la politique sanitaire et sur la sécurité [...] que la marge de manœuvre se situe.»

Un autre argument pourrait aussi les convaincre : la promesse d'un retour rapide à la «vie normale». «Si c'est seul moyen pour retrouver les salles de concerts...», souligne Thomas, un Toulousain de 31 ans, encore indécis.

* Selon une enquête de la Fondation Jean Jaurès et Conspiracy Watch réalisée par l'Ifop

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Source: lefigaro

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